Pour ce group show au 22 avenue Pierre 1er de Serbie, la galerie 208 présente 4 artistes dont les œuvres interrogent la temporalité, celle du temps présent, du temps qui passe ou imaginé, celle de la mémoire. Des œuvres qui mesurent le temps et sa durée, celui d’un court instant, pris sur le vif ou atemporel et qui s’étire indéfiniment.

La gestuelle du peintre, le mouvement du tracé, mémorisent cette représentation dans un espace donné et la temporalité du récit dans l’image. Tout comme le temps qui semble figé par la captation de l’artiste nous invite à la contemplation, la rêverie et la réflexion. Comment interroger le temps, comment le capturer ? Quels que soient la pratique, le sujet, le medium ou le support, le temps est ici protéiforme, complexe et mouvant.

C’est dans la contemplation et la méditation que s’inscrivent les paysages intemporels de Li Chevalier. Parfois se dessine une vague silhouette qui émerge d’une brume incertaine. La vie, la mort, la condition humaine et les formes sociales sont les questions essentielles des paysages singuliers de Nicolas Daubanes. Pour Zhu Hong, l’eau et la lumière traduisent un monde presque imperceptible. C’est prés de l’eau que l’artiste à le mieux compris que le temps de la rêverie est un univers en émotion. Observateur et contemplateur, Olivier Kosta- Théfaine, place la poésie et la beauté de la nature au cœur de ses multiples recherches.

Au delà d’une exposition, c’est avant tout dans le dialogue qui s’instaure entre ces quatre artistes d’univers éloignés et témoignant des changements de notre société, que la galerie souhaite transmettre des émotions inspirantes. La pluralité des approches du sujet crée une complémentarité, malgré les questionnements identitaires, sensitifs, émotionnels ou encore surréalistes qui les différencient.

Il est à noter qu’il y a deux femmes et deux hommes. Les femmes sont d’origine asiatique tandis que les hommes sont européens. Deux approches culturelles et formelles divergentes, qui privilégient pour la première la préservation d’une harmonie salvatrice quand la seconde affronte pleinement et sans détour son sujet. La poésie et la contemplation méditative de l’art asiatique dialoguent ici avec une certaine violence et un rapport à la matière très prononcé de l’art européen.