Entre le 1er décembre et le 1er février seront présentés au sein de l’espace de la galerie 208 quatre artistes de techniques singulières sur le thème de la (dé)construction : Martine Poppe, Olivier Kosta-Théfaine et Deniz Bedir.

Ces quatre artistes issus d’horizons très différents nous parlent à l’occasion de cette curation de cycles créatifs et/ou destructifs repoussant les frontières du réel.

L’artiste Norvégienne Martine Poppe, met en scène des paysages surréalistes en adoptant le contre-pied de l’art traditionnel de la représentation de paysages. Ses paysages et ciels de couleurs vives donnent à voir une nature imaginaire et fantaisiste. Elle travaille avec des matériaux peu conventionnels, photographie et textile sont déposés derrière une toile translucide, sur laquelle l’artiste vient travailler avec de la peinture à l’huile. Ses peintures procurent l’effet de photo surexposées ainsi que l’effet d’une image digitale pixélisée. Les œuvres de Martine Poppe négocient ainsi les frontières entre abstraction et représentation.

Né en 1972 en banlieue parisienne, Olivier Kosta-Théfaine travaille la matière avec une technique « destructrice » : la brûlure de la surface du papier avec divers outils (briquet, pointe chaude). La série intitulée « Paysage de banlieue » fait référence à sa jeunesse, et à un temps passé. Bien que n’y vivant plus, il continue de recréer des paysages qui ont été embellis, améliorés, reconstruits par son esprit et sa mémoire émotionnelle. A travers ces paysages souvenirs reconstitués Olivier Kosta-Théfaine s’interroge sur l’évolution sociale avec le temps qui passe, la transformation ou la destruction qu’il engendre.

Depuis quelques années, l’artiste Deniz Bedir développe un processus pictural propre, à la frontière de la sculpture. Il utilise un matériau de construction : l’enduit utilisé sur les chantiers, qu’il mélange à différents pigments. Équipé d’un platoir, il vient étaler la matière en couches épaisses sur de grands panneaux de bois posés au sol. De manière aléatoire, Deniz ponce une partie de la surface devenue solide et laisse à vif d’autres portions créant un jeu aléatoire sur les textures. Il donne à voir la formation et les déformations, le travail et les accidents de la matière. À travers son utilisation de l‘enduit, Deniz met en lumière ceux qui le manient habituellement, maçons et ouvriers du bâtiment.

Ces artistes tentent de (dé)construire l’ordre établit et amènent une réflexion/ inflexion quant à la nature des choses qui nous entourent, notre environnement quotidien, la société dans laquelle nous trouvons notre place, amenant une réflexion quant à notre individualité.